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L'artisanat
du bois
Le
travail du bois est le fait de toute la société queyrassine
des XVIIIème et XIXème siècles. Si certains meubles complexes sont
réalisés par des professionnels, de nombreux objets de la vie quotidienne
et des pièces de mobilier sont fabriqués, et surtout décorés, par
les habitants eux-mêmes. L'esprit queyrassin est ainsi gravé
sur le plus humble ou le plus orné de ces objets fonctionnels, grâce
aux divers motifs décoratifs, dates inscrites ou encore sentences,
qui témoignent parfois de la culture protestante et surtout d'un
remarquable degré d'instruction.
La
maison est au coeur de la vie dans la vallée du Queyras, car le
long et rude hiver oblige les habitants à y vivre plusieurs mois
enfermés. Le bois étant la matière première, on le trouve
dans la maison entière, il est utilisé pour l'architecture, le mobilier,
ainsi que pour la plupart des outils et ustensiles. Un tel usage
du bois révèle l'adaptation d'une société à son environnement.
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La
vie sur l'estive
Le
Queyras a toujours eu une vocation pastorale et le Queyrassin
a toujours été un pasteur. En été, une partie de la population conduisait
les bêtes aux alpages. La vie pastorale dans ces terres d'estive
s'axait alors entièrement sur la production et la transformation
du lait. Jusqu'au XIXème siècle, le Queyras pratique également
une transhumance hivernale : les troupeaux partaient à la fin de
l'automne vers les vallées vaudoises et les cassines de plaine en
Italie et revenaient au printemps. La tradition fromagère et pastorale
a disparu à la fin du XIXème siècle, et les Queyrassins ont alors
confié leur bétail aux bergers provençaux.
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©
Gallimard / P. Léger - J. Sierpinski
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Les
cadrans solaires
Les
cadrans solaires du Queyras constituent une facette originale
de l'art populaire dont l'origine remonte au XVIIème siècle,
et qui disparaît à peu près au moment où se démocratise l'usage
de la montre, à la fin du XIXème siècle. L'intérêt que portait le
Queyrassin à ces horloges solaires s'explique par les relations
privilégiées qu'il entretenait avec le Piémont voisin. Il subissait
de façon déterminante l'influence des écoles de peinture italiennes
spécialisées dans la réalisation des décors intérieurs religieux,
mais également celle des "maistres cadranyers" qui passaient les
cols pour proposer leurs services.
Les
pigments naturels sont souvent extraits des sables ocreux du
Luberon.
Les sentences - "Tel qu'on mesure, on sera mesuré",
"Qui ben vivit ben moritur". La variété des devises
témoigne d'une forte présence religieuse et interpelle toujours
le voyageur sur sa destinée et sur la vanité des choses terrestres.
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La
tradition écrite
Dans
une France méridionale peu alphabétisée, les Hautes-Alpes, et plus
particulièrement le Briançonnais et le Queyras, apparaissent longtemps
comme des îlots de culture écrite. Les enquêtes sur le niveau
d'alphabétisation menées sous l'égide du recteur Maggiolo à la fin
du XIXème siècle montrent qu'hommes et femmes savent pratiquement
tous signer, et ce dès la fin du XVIIIè siècle. Ce niveau est confirmé
par d'autres sources ou des objets, qui témoignent non seulement
de cette compétence mais aussi d'un véritable goût pour l'écrit.
L'existence
de colporteurs en écriture est attestée depuis le XVème siècle.
Chaque année, les villageois recrutaient parmi eux un régent
pour la saison d'hiver. Dans un contrat, la communauté s'engageait
à le loger, le nourrir, et lui verser une rétribution. Cette forme
d'enseignement à disparu à partir de 1840.
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L'art
religieux
Le
discret patrimoine religieux du Queyras témoigne de sa mémoire
historique et culturelle, celle d'un pays qui porte les cicatrices
des guerres de Religion, toujours suivies de reconquêtes
pastorales. Des chapelles aux églises paroissiales, l'identité s'enracine
grâce à un langage original où circulent, de l'époque romaine au
Moyen Age, des échanges de savoir faire, entre la pierre
et le bois ciselé, qui ignorent les frontières chronologiques et
spatiales. C'est un art religieux qui invite à parcourir
un espace artistique au cœur d'un espace géographique: un Conservatoire
à ciel ouvert.
Calvaires,
croix de missions et de la Passion (ornés d'instruments tels que
coqs, marteau, calice, épée, fouet, lanterne, main, roseau, lances
croisées, échelle, Sainte Face ou inscription " INRI ") sont autant
de repères pour la communauté villageoise lors des processions et
des bénédictions.
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©
Gallimard / P. Léger
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Les
spécialités
Des
produits laitiers reprenant la tradition ancestrale de la
fabrication de produits dérivés du lait : des fromageries sont créées
à Arvieux en 1981 et Montbardon en 1982, puis au Roux d'Abriès et
à Ceillac. Fabriqués à partir de lait cru, bleus et tommes, pour
ne citer que les plus classiques, sont affinés et vendus sur place.
Tartes et Croquettes, agrémentées de noisettes, de noix et
de confiture, sont fabriquées artisanalement.
Le miel et ses produits dérivés sont de grande qualité du
fait de l'absence d'insecticides ou de pollution pouvant se déposer
sur les fleurs. Les petits fruits, framboises et myrtilles
mais aussi baies de cynorhodons et d'épine-vinette font des confitures
délicieuses.
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